Le Cantique - troisième cycle



À l’aube, le Maître prenait son bâton et convoquait ses disciples. « Mes amis, celui qui rêve notre perte nous presse, il nous pressera toujours, jusqu’au terme de sa haine. Notre Dieu, comme par le passé, nous abandonne, mais nous formons un peuple uni et vaillant ; prouvons que la haine ne peut rien contre cette force. Déjà, nous avons trop prié et tout souffert. Pour une prière exaucée, dix serments rompus. Les alliances de Dieu jouent sur l’éternité, mais je ne peux admettre qu’elles se jouent de nous. Je sais : nos femmes ont peur d’enfanter, nos hommes sont las de combattre, nos enfants redoutent de grandir et de croire en un Dieu terrible qui n’a jamais cru en eux ; et qui aurait l’audace de les blâmer ? Nos ancêtres ont prié dans le vide, ils sont morts en vain. Montrons au Dieu injuste que l’on peut lutter seul. » Mais les fuites incessantes, loin de décourager les poursuivants, éreintaient le peuple de Maramisa. Patiemment, les prêtres attendaient le moment où, trop las et découragés, les gens retourneraient vers leur Dieu et ses lumières. Entre-temps, ils écoutaient le Maître et le suivaient en silence.


À l’aube, le Maître prenait son bâton et convoquait ses disciples. « Mes amis, celui qui rêve notre perte nous presse, il nous pressera toujours, jusqu’au terme de sa haine. Notre Dieu, comme par le passé, nous abandonne, mais nous formons un peuple uni et vaillant ; prouvons que la haine ne peut rien contre cette force. Déjà, nous avons trop prié et tout souffert. Pour une prière exaucée, dix serments rompus. Les alliances de Dieu jouent sur l’éternité, mais je ne peux admettre qu’elles se jouent de nous. Je sais : nos femmes ont peur d’enfanter, nos hommes sont las de combattre, nos enfants redoutent de grandir et de croire en un Dieu terrible qui n’a jamais cru en eux ; et qui aurait l’audace de les blâmer ? Nos ancêtres ont prié dans le vide, ils sont morts en vain. Montrons au Dieu injuste que l’on peut lutter seul, prouvons aux hommes qu’on peut vivre sans Dieu. » Le temple était désert, à peine si l’on percevait le murmure routinier des prêtres. Malgré ses souffrances, le peuple suivait le Maître comme il aurait suivi un prophète. Qu’importait que ce fût un prophète contre Dieu ? Lui marchait. Membres d’une tribu abandonnée au désert, ils écoutaient le Maître et le suivaient en silence.


À l’aube, le Maître prenait son bâton et convoquait ses disciples. « Mes amis, celui qui rêve notre perte nous presse, il nous pressera toujours, jusqu’au terme de sa haine. Notre Dieu, comme par le passé, nous abandonne, mais nous formons un peuple uni et vaillant ; prouvons que la haine ne peut rien contre cette force. Déjà, nous avons trop prié et tout souffert. Pour une prière exaucée, dix serments rompus. Les alliances de Dieu jouent sur l’éternité, mais je ne peux admettre qu’elles se jouent de nous. Je sais : nos femmes ont peur d’enfanter, nos hommes sont las de combattre, nos enfants redoutent de grandir et de croire en un Dieu terrible qui n’a jamais cru en eux ; et qui aurait l’audace de les blâmer ? Nos ancêtres ont prié dans le vide, ils sont morts en vain. Montrons au Dieu injuste que l’on peut lutter seul, prouvons aux hommes qu’on peut vivre sans Dieu. Je sais, ce sont des hommes qui nous traquent » et de fait, les nuages de poussière qui dressaient à l’horizon des sables leurs signaux d’effroi quand, enfin, ils croyaient au répit, n’étaient pas des nuées d’anges mais des hommes, comme eux, presque des frères qui sait. C’était des semblables que fuyaient ces familles. Membres d’une tribu abandonnée au désert, ils écoutaient le Maître et le suivaient en silence.


À l’aube, le Maître prenait son bâton et convoquait ses disciples. « Mes amis, celui qui rêve notre perte nous presse, il nous pressera toujours, jusqu’au terme de sa haine. Notre Dieu, comme par le passé, nous abandonne, mais nous formons un peuple uni et vaillant ; prouvons que la haine ne peut rien contre cette force. Déjà, nous avons trop prié et tout souffert. Pour une prière exaucée, dix serments rompus. Les alliances de Dieu jouent sur l’éternité, mais je ne peux admettre qu’elles se jouent de nous. Je sais : nos femmes ont peur d’enfanter, nos hommes sont las de combattre, nos enfants redoutent de grandir et de croire en un Dieu terrible qui n’a jamais cru en eux ; et qui aurait l’audace de les blâmer ? Nos ancêtres ont prié dans le vide, ils sont morts en vain. Montrons au Dieu injuste que l’on peut lutter seul, prouvons aux hommes qu’on peut vivre sans Dieu. Je sais, ce sont des hommes qui nous traquent mais depuis tant de générations que notre peuple fuit, jamais Dieu n’a fait un geste pour le soldat piégé, donné une réponse au désespoir des parents, versé la moindre larme sur l’orphelin. Les prêtres prêchent la patience et la résignation. Mais au terme des prières guette la mort. » Les prêtres grondaient mais étaient comme les autres. C’était des semblables que fuyaient ces familles. Membres d’une tribu abandonnée au désert, ils écoutaient le Maître et le suivaient en silence. À l’aube, le Maître prenait son bâton et convoquait ses disciples. « Mes amis, celui qui rêve notre perte nous presse, il nous pressera toujours, jusqu’au terme de sa haine. Notre Dieu, comme par le passé, nous abandonne, mais nous formons un peuple uni et vaillant.